Evaluer pour améliorer l’enseignement à l’IUT de Sceaux

Evaluer pour améliorer l’enseignement à l’IUT de Sceaux

 

Comme chaque année depuis 2009, l’IUT de Sceaux met en place une campagne d’évaluation de ses formations et de ses enseignements : trois ans, le bon moment pour faire un bilan !

 1) Pourquoi des évaluations ?

Tout d’abord parce que c’est prévu par les textes : les arrêtés d’avril 2002 et d’aout 2011, relatifs à l’habilitation des licences, rendent obligatoire l’évaluation des formations et des enseignements.

Mais aussi parce que l’on y voit un intérêt :

Pour l’université et l’IUT : l’évaluation permet de valoriser l’offre de formation en communiquant à l’extérieur, d’une part auprès des futurs étudiants, d’autre part auprès du ministère lors des réhabilitations de diplômes et des contrats quadriennaux ;

Pour la formation : l’évaluation permet d’établir un lieu d'échange entre les disciplines, de faire émerger des bonnes pratiques et de souder les équipes pédagogiques autour d'objectifs pédagogiques mieux définis : l’analyse des résultats a été faites lors des séminaires de département en juin afin de préparer la rentrée de septembre ;

Pour les enseignants : des avis particuliers, mis en avant par quelques étudiants, étaient les seules informations accessibles à l’enseignant ; l’évaluation à grande échelle permet de savoir ce qu'il en est vraiment, et de relativiser si nécessaire. Elle permet aux enseignants de voir leurs efforts reconnus quantitativement, point important dans une activité où la qualité du travail n'a pas de contrepartie statutaire. Inversement, l'évaluation des enseignements aide l'enseignant à connaître les aspects de son cours qui sont à améliorer, et la lecture des réponses l’amène à réfléchir aux conditions qui favoriseraient l'apprentissage.

Pour l’étudiant : l’évaluation lui permet d’exprimer ses avis sur les enseignements, l’organisation de la formation, ses besoins,  etc., en bref son point de vue.

Obtenir le sentiment des étudiants n'est pas la seule fin de l’évaluation ; mais dans un enseignement classique où l’enseignant transmet un savoir et l’étudiant le reçoit, donner son point de vue, être pris en considération dans l’amélioration des enseignements, offrent à l’étudiant la possibilité de s'investir dans sa formation. Par ailleurs, lorsqu'ils réfléchissent aux questions posées, les étudiants peuvent prendre conscience de certains aspects de l'enseignement auxquels ils n'avaient pas suffisamment pensé :

 « D'après vous, combien d'heures de travail hebdomadaire cet enseignement réclame-t-il ? »

«  Vos méthodes de travail sont-elles adaptées? »

 

2) Qui évalue quoi ?

Les textes indiquent que les étudiants évaluent :

  • leur formation : l’efficacité de l’organisation et la cohérence de la formation ;
  • les enseignements : l’organisation et la pédago-gie des cours ;
  • la vie étudiante : participation des étudiants à la vie institutionnelle, qualité de vie des étudiants dans l’établissement.

On ne peut avoir une vision complète d’une formation sans ces trois éléments.

 

3) L’évaluation à l’IUT de Sceaux ?

Le COmité de PILotage de l’université Paris Sud définit la cadre de l’évaluation et suit son déploiement dans les composantes, et en particulier à l’IUT de Sceaux.

 

Organisation des évaluations à l’IUT de Sceaux

Le COPIL est constitué :

  • de représentants de l’université : la vice-présidente du CEVU, le vice-président étudiant, le président de la commission de la pédagogie, la chargée de mission vie étudiante ;
  • de représentants des composantes : un correspondant par composante, qui coordonne les évaluations de la composante, en collaboration avec un référent par formation.

 

4) Bilan de trois ans d’évaluation ?

Au niveau de l’université : le COPIL nous a permis d’échanger sur la problématique de l’évaluation à l’université, en associant des acteurs de niveaux de formation différents, de matières différentes, d’organisations différentes.  Ses réflexions ont abouti à mettre en place une dynamique de l’évaluation à l’université Paris Sud ; et à maintenir cette dynamique en faisant face aux craintes et inquiétudes de chacun :

Craintes des enseignants :

  • « la LOLF et la LRU imposent à l’université l’évaluation comme un indicateur de perfor-mance : performance des formations n’est pas synonyme  d’amélioration des formations !  et qu’est-ce que la performance d’un enseignant ? »
  • « avec l’évaluation par les étudiants, l’enseignement et l’enseignant seraient assujettis aux sentiments des étudiants ! »

Pour répondre à ces craintes, tout en restant dans le cadre de la loi :

  1. l’objectif principal du COPIL a été de faire des évaluations un outil d’amélioration à la disposition des enseignants et des équipes pédagogiques, et non un outil de contrôle. Dans cet objectif, les membres du COPIL ont participé à plusieurs ateliers pédagogiques sur l’évaluation des formations et  les stratégies pédagogiques pour favoriser l'apprentissage chez les étudiants [1].

  2. Le COPIL a élaboré une charte de confidentialité visant à garantir l’anonymat des questionnaires et à établir des règles de transmissions des résultats [2].

 

Craintes des étudiants :

  • « les évaluations ne servent à rien ! »

Suite à la remontée des RCP-formation au CEVU, des mesures concrètes d’amélioration ont déjà été mises en place :

  • amélioration du guide de l’étudiant
  • rendre l’utilisation de l’adresse @u-psud incontournable pour améliorer la communication
  • synergie entre le SCUIO, le SIP et les IUT éloignés géographiquement du site d’Orsay pour permettre aux étudiants d’accéder à ces services plus facilement
  • action auprès du CROUS pour homogénéiser et améliorer la prestation des RU sur l'ensemble des composantes
  • Augmentation du nombre de chambres CROUS disponibles  à Cachan

Au niveau des formations : l’analyse des résultats des évaluations a été faite lors des séminaires de département : cela a donné lieu à des propositions d’actions par l’équipe pédagogique, que l’on peut retrouver dans le Rapport de Conclusions et proposition d’actions [2].  Par exemple :

  • faire intervenir plus de professionnels dans les formations ;
    • organiser des cours en langue étrangère ,
    • développer des partenariats avec établissements étrangers.

 Au niveau des étudiants : j’ai assisté à l’administration des questionnaires par des étudiants en salle machine : même s’ils y viennent à reculons, une fois devant l’ordinateur, ils ont exprimé leur satisfaction de pouvoir donner leur avis. Je les ai entendu maintes fois parler de la différence entre la qualité pédagogique et la personnalité de l’enseignant, entre l’enseignant qui travaille devant les étudiants et celui qui travaille avec les étudiants.

Pour maintenir cette émulation, il faudra que les « propositions » deviennent des actions visibles.

 5) Pour conclure

Pour conclure, quelques chiffres

Le taux de réponses à l’IUT est très satisfaisant depuis 2010 et permet d’obtenir des résultats significatifs.

Un autre chiffre pour finir, 90,8% des étudiants recommandent la formation qu’ils viennent de suivre.

 

Il y a encore des améliorations à faire, mais les étudiants sont sensibles à ce qui est déjà mis en place !

 

Patrick Pamphile

Coordinateur Evaluation à l’IUT de Sceaux

 [1] Formations dispensées par J. Douady et Y. Pigeonnat du réseau  PENSERA (Pédagogie de l’Enseignement Supérieur en Rhône-Alpes)

 [2] DOKEOS\Evaluation des enseignements IUT de Sceaux